Le Canada touché en plein coeur

Le Canada touché en plein coeur
Le Canada touché en plein coeur

Le Canada a payé un lourd tribut hier après une tuerie de masse qui aura coûté la vie à seize personnes, dont une policière d'expérience. Outre-Atlantique, c'est la plus grande tuerie depuis plus de trente ans, et la fusillade qui avait enlevé la vie à quatorze femmes dans la tuerie de l'école pyrotechnique à Montréal. Mais la tuerie d'hier n'aura pas été comme les autres, et nous rappelle surtout les Attentats du 13-Novembre-2015 à Paris. Une chasse à l'Homme qui aura duré plusieurs heures, avant l'assaut final et la mort des terroristes. Si, ce week-end, dans la région de la Nouvelle-Ecosse, la tuerie aura fait un nombre de victimes inférieur, c'est tout un pays qui est touché en son coeur. Retour sur une chasse à l'homme.

Tout a commencé samedi soir. Sur les coups de 23h30, de nombreux appels surgissent au 911, le numéro d'urgence des services américains. Tous signalent des coups de feu dans un domicile à Portapique, une commune située dans la région de Colchester. La scène est "chaotique" : plusieurs corps juchent l'extérieur du domicile, mais surtout l'intérieur de ce dernier. Un carnage sans nom, commis par un seul homme : Gabriel Wortman, un denturologiste de 51 ans. Dès lors, à partir du moment où la police arrive sur les lieux, une vaste chasse à l'homme débute. Les premières recherches entamées par la police mènent même cette dernière sur d'autres scènes de crimes, dont un édifice en flammes. Roulant à bord de plusieurs véhicules, dont un semblable à ceux de la police, le suspect poursuivait son chemin sans être inquiété, malgré les grands moyens déployés par les forces de l'ordre : ces dernières ont appelé les habitants à bien rester chez eux, alors qu'ils étaient en confinement, et même à se réfugier dans leur sous-sol.  Après plus de cent kilomètres et douze heures de chasse, le suspect a été abattu à une station essence, celle de Enfield, où un agent aurait pris place. 

En fin d'après-midi, le surintendant principal de la GRC, la police canadienne, Chris Leather, a expliqué que le suspect "avait utilisé une arme à feu", et, par respect pour la vie privée des victimes, ne pouvait indiquer les noms de ces dernières. Il expliquait néanmoins que certaines "ne semblaient pas avoir de lien avec le tireur". Au-delà des seize morts, il y aurait également deux, "voire trois", blessés. Parmi les victimes de cette tuerie, une policière, mère de deux enfants, et avec plus de vingt ans d'expérience au sein de la police, a été tuée. Il s'agit de Heidi Stevenson. Un autre policier fait partie des blessés. A ce stade de l'enquête, la piste terroriste n'est pas écartée, mais ne semble pas prioritaire. La police a indiqué qu'elle tenterait de déterminer si la tuerie est liée à l'épidémie de Coronavirus, qui a entraînée la fermeture de toutes les activités du pays Nord-Américain. Heidi Stevenson avait 23 ans d'expérience au sein de la police. Elle a été abattue par un tireur fou dans la journée de dimanche.Au contraire de leurs voisins étasuniens, le Canada ne subit que très rarement des tueries de masse. Celle de ce week-end aura été la pire en plus de trente ans, et invitera sans aucun doute les Canadiens à une réflexion particulière sur les causes de la fusillade, quitte à revoir la Constitution qui est en place. Douze heures de poursuite, Seize morts, Trois blessés, le bilan de cette tuerie est très lourd, le Canada est touché en plein coeur.