Une enquête ouverte sur le rôle de Lyon, fief de Collomb, dans la campagne de Macron

Une enquête ouverte sur le rôle de Lyon, fief de Collomb, dans la campagne de Macron

Une enquête préliminaire a été ouverte sur la plainte d'élus de droite dénonçant le rôle joué par la ville et la métropole de Lyon durant de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, annonce l’AFP, se référant à une source proche de l'enquête.

Ordonnée vendredi par le parquet de Lyon et confiée à la police judiciaire, l’enquête concerne des faits présumés de détournements de fonds publics, financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel, évoqués dans une plainte contre X déposée par le maire de Caluire Philippe Cochet, président du groupe Les Républicains à la métropole de Lyon, et son homologue à la ville, Stéphane Guilland.

Tous deux avaient annoncé la semaine dernière avoir saisi le procureur de la République après plusieurs mois d'opposition sur le sujet avec l'exécutif local de La République en Marche.

Dans leur plainte, ils indiquent que«des moyens publics (humains, matériels et financiers) sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon», que dirigeait le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avant d'entrer au gouvernement, auraient été «indûment détournés et mis à disposition» du futur Président de la République.

Les deux instances étaient à l'époque dirigées par Gérard Collomb, intime du président, aujourd'hui ministre de l'Intérieur. L'enquête, ordonnée par le parquet et confiée à la police judiciaire, vise des faits présumés de détournements de fonds publics, financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel.

Une plainte contre X déposée par deux élus LR

"On veut savoir si les règles du jeu ont été respectées ou pas". Stéphane Guilland, chef de file du groupe Les Républicains au conseil municipal de Lyon et conseiller métropolitain, a annoncé avoir déposé plainte contre X auprès du procureur de la République de Lyon.

Les Républicains soupçonnent l'utilisation des fonds de la Ville et de la Métropole pour la campagne du président de la République, via l'utilisation éventuelle de locaux (appartement de Paris), de moyens publics (réception de juin 2016 à l'Hôtel de Ville de Lyon) ou encore la mise à disposition de personnels de la Ville et de la Métropole pour la campagne.

L'entourage du ministre a dénoncé la semaine dernière ces accusations dont le seul objet était «de jeter le discrédit» et qui reprenaient «une polémique que l'opposition locale tentait d'alimenter depuis plusieurs mois».  

L'enquête portera notamment sur une importante réception organisée le 2 juin 2016 à l'Hôtel de Ville de Lyon, où M. Collomb avait reçu le ministre de l'Économie d'alors, Emmanuel Macron, deux mois après le lancement d'En Marche!. La plainte concerne également Jean-Marie Girier, ancien chef de cabinet de M. Collomb à la métropole de Lyon, qui a joué un rôle actif dans la campagne de M. Macron avant de rejoindre le ministère de l'Intérieur.

Plusieurs évènements louches aux yeux des élus républicains

Enfin, un dernier événement avait attiré la curiosité des élus. La rencontre entre Emmanuel Macron et Alain Juppé en mai dernier dans les bureaux parisiens de la communauté urbaine de Lyon. Les deux élus avaient demandé des précisions, mais n'avaient jamais obtenu de réponse, d'autant que la rencontre, très médiatisée à l'époque "n’apparait pas dans les comptes de campagne" selon Philippe Cochet.

C'est désormais à la justice d'enquêter. Dans un communiqué, la Métropole dit "se tenir naturellement à l’entière disposition de la justice, pour fournir toutes les informations ou pièces qui lui seront demandées" : "De nombreux éléments justificatifs ont d’ailleurs d’ores et déjà été produits à Monsieur Cochet. La Métropole de Lyon pourra sereinement les développer dans le cadre de l’enquête". David Kimelfeld qui accuse Philippe Cochet et Stéphane Guilland de n'avoir qu'un "seul objectif" : "jeter le discrédit" : "Monsieur Cochet, victime de ses propres égarements lorsqu’il soutenait la campagne présidentielle de Monsieur Fillon souhaite simplement jeter le discrédit sur la Métropole et ses élus