Good Golly, Mister Richard - Little Richard (1932-2020)

Good Golly, Mister Richard - Little Richard (1932-2020)
Good Golly, Mister Richard - Little Richard (1932-2020)

Il avait inspiré les plus grands, d’Elvis Presley aux Beatles, en passant par les Rolling Stones, Little Richard, de son vrai nom Richard Wayne Penniman, s'en est allé aujourd'hui à l'âge de 87 ans. Précurseur du rock'n'roll, il avait enchaîné les tubes dans les années 1950, de "Tutti Frutti" à "Long Tall Sally" ou encore "Good Golly Miss Molly". Avec les Elvis Presley, Chuck Berry et Buddy Holly, il aura révolutionné la musique avec sa voix très profonde et puissante. Et grâce à lui, principalement, c'est le côté diabolique du Rock qui s'est réveillé, avec ses chemises très criardes, sa coiffure banane de plus de dix centimètres de haut, ou encore sa moustache très fine. 

Celui qui s'était nommé tel que "l'architecte du rock'n'roll, l'initiateur, celui qui le personnifie", l'homme de spectacle, extravagant mais toujours à l'air sympathique, aura fait swinger plusieurs générations. À l'âge de treize ans, il avait été chassé de sa maison à cause de ses airs efféminés, de son timbre aigu, et de son attirance pour les garçons. À travers les différentes époques, il se dira homosexuel, bisexuel ou hétérosexuel. Mais qu'importe son orientation sexuelle, c'est bien pour sa musique qu'il était connu. Dès son adolescence, il participera à plusieurs groupes de blues, avant qu'il rencontre le "Prince" de ce genre, Billy Wright, en 1950. Il trouvera en cette légende du blues son inspiration pour son style. Grâce à Wright, il signera pour la première fois dans un studio d'enregistrement. En 1951, dans son premier album, seul "Every Hour" aura connu un petit succès, grâce à sa voix criarde, davantage féminin. Après la mort de son père en 1952, assassiné devant son club, et inspiré par le boogie-woogie, il débute alors une brillante carrière marquée par un style bien personnel : il danse, il swingue, il chante, et joue du piano debout, une panoplie qu'on n'avait pas l'habitude de voir à l'époque. Le succès s'en suit pour Little Richard. En 1955, lors d'un enregistrement avec son ami Fats Domino, il parle pour la première fois de "Tutti Frutti" lors d'une pause. Débutant par plusieurs onomatopées, elle désigne, non le dessert glacé, mais bien l’homosexualité avec plusieurs paroles explicites à l'image de "good booty, if it don't fit, don't force it", littéralement : "beau cul, si ça ne rentre pas, ne force pas". Mais durant l'enregistrement, il remplacera "good booty" par "aw rooty", derrière du "all right". Avec son texte, il fera de nombreux sous-entendus à l'aide de ses deux personnages féminins, Sue et Daisy. C'est avec la compositrice Dorothy LaBostrie qu'il écrira le texte. Il enchaînera alors succès sur succès durant trois années, entre "Long Tall Sally", ou encore "Lucille" et "The girl can't help it". 

À partir de 1957, il abandonnera la joie du rock'n'roll et du blues pour se consacrer à la paroisse. Il commence alors à prêcher, et n'enregistre que des classiques de gospel, afin de témoigner de sa foi. C'est cinq ans après, en 1962, qu'il reviendra sur scène, en rejoignant Sam Cooke dans sa tournée européenne. S'il sera davantage "réservé" dans ses premiers concerts, il finit torse-nu lors d'un enregistrement d'une nouvelle émission à la mi-novembre : "It's Little Richard". L'année suivante, il reviendra à ses fondamentaux, avec un nouvel album où il ré-enregistra entre autres Tutti Frutti. Si son dernier vrai succès sera une ballade soul "I don't know what you've got", en 1965, il restera un homme de scène, spectaculaire. Il sera monté de nombreuses fois sur son piano, finissant torse nu dans une majorité de concert. S'il ne se produisait plus en Europe depuis 2005, car n'ayant plus autant d'aptitude physique depuis les années 1990, il continuera cependant à réaliser des concerts. Après une opération de la hanche en 2009, il aura dû s'assoir sur une chaise - dorée - pour ses derniers concerts aux États-Unis en 2014. Depuis, il aura continué à prêcher sa foi, et à témoigner des bienfaits de Dieu dans diverses émissions télévisées. 

Avec sa disparition, c'est une partie de l'Histoire de la musique qui s'envole. Car si Little Richard avait choisi "petit"  comme prénom de scène, sa musique aura été grande, voire même géante. Sa légende continuera de perdurer de générations en générations. Une légende ne meurt jamais, après tout.