Le monde à l'heure du COVID19

Le monde à l'heure du COVID19
Le monde à l'heure du COVID19

[GRAND RÉCIT #1] A l’heure où la moitié de la population mondiale est confinée plus ou moins strictement, les témoignages sont précieux. Joao Daniel Cabaco vous livre un tour du monde, à lire depuis votre canapé.

Cette semaine, j’ai décidé d’interroger onze personnes : des étudiants en France, au Portugal, au Japon, au Liban, deux au Canada, dont une qui est à temps partiel caissière également, en Chine ou encore en Suisse ; un Youtubeur qui désirait faire un tour du monde mais qui s’est retrouvé bloqué aux Philippines, une interprète au Parlement Européen, confinée à Bruxelles et un country launcher en Espagne.

Un entretien en quatre points : tout d’abord leur sentiment général lié à ce confinement, puis les explications des différentes mesures prises par leur gouvernement, et leur avis concernant ses mesures, de même pour la question du déconfinement et, enfin, ce que chaque personne pense concernant le « monde d’après », cet inconnu qui aura donc raison sans aucun doute de l’économie, voire même de la mondialisation. Voici leur témoignage.

 

Remerciements particuliers à :

Guilaine J. pour la Belgique ; Mehdi F. pour l’Espagne ; Sarah L. pour la France ; Matilde C. pour le Portugal ; Carolane K. pour la Suisse ; Leia pour le Chine (revenue en France à la mi-avril) ; Maël D. pour le Japon ; Talia S. pour le Liban ; deux Canadiennes désirant être anonymes ; « MonsieurFlex » pour les Philippines (revenu en France à la mi-avril).

 

Première question : Comment se passe le confinement de ton côté ? Arrives-tu à le vivre aussi bien que possible ? Ou est-ce davantage compliqué ?

 

Guilaine (Belgique) : « Dans l'ensemble cela se passe bien. Je travaille de la maison. Les commerces en alimentation sont ouverts presque tous les jours et je parle facilement avec mes collègues grâce à la vidéoconférence. Je n'en souffre pas trop pour l'instant. »

Mehdi (Espagne) : « Je suis arrivé à Barcelone le 1er mars pour un nouveau boulot et on a été mis en confinement une dizaine de jours après. Le début était hyper dur car nouvelle ville nouvel appart et... chez moi sans pouvoir sortir. Mes colocataires ont, soit perdu leur travail, soit sont en chômage technique dû à la situation, moi je peux télétravailler donc je ne me plains pas et je relativise. »

Sarah (France) : « J'essaie de le vivre aussi bien que je le peux mais ça reste plutôt compliqué notamment à cause du climat anxiogène dans lequel je suis. »

Matilde (Portugal) : « J’aime être à la maison, alors ce n’est pas très compliqué de gérer le confinement. Malgré cela, c’est un peu difficile à cause du temps sans voir ma famille et mes amis. »

Carolane (Suisse) : « Étant donné que je sors encore avec mes amis, cela ne me dérange pas plus que ça. Mais on ne peut pas sortir avec plus de cinq potes donc c'est un peu ennuyeux. »

Leia (Chine) : « Alors en fait j'étais étudiante d'échange à Shenzhen (près de Hong-Kong) pour 10 mois. Mon programme comprenait le fait que je vive avec une famille d'accueil. Sachant que l'épidémie s'est déclarée autour du nouvel an chinois, j'étais dans la famille de ma mère d'accueil à Harbin (près de la Russie) pour célébrer l'événement. Quand c'est arrivé... On n'est plus sortis du tout. On se faisait livrer les courses. Et on restait à l'intérieur toute la journée à regarder des films, jouer à des jeux, ou réviser le chinois dans mon cas. Les rares fois où je me suis vue contrainte à sortir, tout le monde portait un masque (c'est toujours obligatoire) et les pharmacies de quartier étaient en rupture. On avait accès à une application qui nous donnait les chiffres des décès, des malades confirmés et des cas à vérifier en actualisant toutes les heures. Étant donné que j'étais avec ma famille d'accueil, je n'avais pas plus d'appréhension que ça parce que je savais que le gouvernement et les citoyens étaient assez responsables pour maîtriser la situation (surtout quand on voyait à quel point les soignants et les moyens étaient mis). J'avais plus peur que mon organisme me renvoie en France parce que je savais que l'épidémie arriverait ici (il y avait déjà moins d'une dizaine de cas) et que la réaction ne serait pas forcément aussi efficace. »

Maël (Japon) : « Au Japon il n'y a pas de confinement comme dans les autres pays, d'après ce que j'ai compris le Japon n'a pas de loi forçant les personnes à rester chez eux, néanmoins le premier ministre a fait la demande à tous de rester chez eux autant que possible et beaucoup la respectent, de plus la majorité des magasins et autres sont fermés, alors il n'y a pas grand chose à faire dehors. »

Talia (Liban) : “Tout se passe très bien heureusement ! En plus moi je suis du style qui adore se détendre et passer du temps sur Netflix et tout donc ça se passe hyper bien pour moi : deux mois de rêve ! »

Anonyme 1 (Canada) : “Le confinement se passe bien pour moi. Je reste en contact avec mes proches malgré la distance. C’est sûr que c’est plus difficile de ne voir personne, mais on s’adapte. Sinon devoir rester chez soi, ce n’est pas facile, surtout que j’avais l’habitude de sortir souvent avec mes amis. J’ai aussi remarqué une grosse baisse de motivation, pas seulement pour moi, mais aussi pour mes proches.”

Anonyme 2 (Canada) : « Au début, le confinement était bien : un congé de travail et école bien mérité. Malgré le confinement, le père de ma fille et moi avons continués à échanger notre fille à toutes les semaines étant donné le peu de cas que nous avions dans notre région. J'ai dû aussi continuer à voir ma sœur et ma mère car celle-ci a besoin d'un support dans la vie de tous les jours. Cela m'a permis de mieux vivre le confinement d'une certaine manière. Malgré tout cela, il m'arrive de pleurer devant une anicroche tellement illogique. Mais, j'essaye de rester la plus positive et je me dis que tout va bien aller ! »

« MonsieurFlex » (Philippines) : « Alors, seulement les commerces alimentaires étaient ouverts, il fallait un pass pour pouvoir sortir de chez soi (évidemment je n’en avais pas, seulement pour les locaux). Par chance, ils me laissaient quand même aller faire mes courses. J’étais confiné dans un hôtel, c’était plutôt agréable, il y avait un restaurant, un bar et une piscine. »

 

Deuxième question : Durant cette pandémie, quelles mesures ont été prises par le gouvernement de ton pays ? Est-ce suffisant selon toi ? Comment réagit la population ?

 

Guilaine (Belgique) : « Les règles sont assez lâches en Belgique.  Il n'y a pas d'attestations. On peut rencontrer un ami et se balader avec lui. Il y a beaucoup de lits d'hôpitaux ici.  J'imagine que c'est pour cela qu'ils ne sont pas trop stricts. Il y a quand même beaucoup de décès malheureusement. »

Mehdi (Espagne) : « Distanciation sociale, port de masque hautement recommandé. Mais un peu comme en France, on dirait que ça a été pris au sérieux trop tard… Les Espagnols sont en revanche beaucoup plus disciplinés que les Français : les rues sont désertes, maintenant les enfants peuvent ressortir avec le masque donc ça se réanime un peu mais ça faisait peur. »

Sarah (France) : « Les mesures qui ont été prises sont celles du confinement et juste avant les fermetures des bars, restaurants, cinémas etc... À mon avis oui c'est suffisant mais je pense que ces mesures ont été prises trop tard et que surtout les moyens mis à disposition par le gouvernement sont plutôt restreints. Concernant la population, de nombreuses personnes ne respectent pas le confinement et les mesures de sécurité, elles semblent aussi énervées contre le gouvernement. »

Matilde (Portugal) : « Au Portugal, l’État d’urgence est décrété depuis le 18 mars et je pense que c’était une bonne décision, parce que, bien que certaines personnes n’y aient pas adhéré directement, le reste de la population a cédé. Seulement, je ne suis pas d’accord avec la fin de l’État d’Urgence le 3 mai, parce que la population ne va pas faire attention aux gestes barrières et va recommencer à sortir comme si rien ne s’était passé. »

Carolane (Suisse) : « Nous pouvons sortir quand on veut mais pas avec plus de cinq personnes et on doit garder une distance de sécurité. Je pense que cela n’est pas vraiment assez mais voilà. Si les dirigeants demandent à la population d'éviter de sortir, les habitants ne se préoccupent que très peu des conseils et sortent souvent, sans protection. Néanmoins, si ces personnes sortent à plus de cinq : une amende de 100 francs suisses (90 euros) est donnée. »

Leia (Chine) : « Ils ont absolument tout fermé mis à part les supermarchés et les pharmacies. Les gens avaient pour ordre des rester à l'intérieur et il n'y avait pas de '' 1h de balade par jour ''. Les mesures se sont durcies de plus en plus, je suis partie la veille de la fermeture de mon quartier. Quand un cas se déclarait quelque part, c'était tout le quartier qui était mis sous cloche et désinfecté. On m'a raconté qu'un système de ticket de ''passage'' avait été mis en place plus tard.  Le port du masque a été rendu obligatoire à l'extérieur et les écoles seront les derniers lieux à rouvrir. La population, bien qu'évidemment pas réjouie de la situation, se montre très diligente et respecte les consignes données. Je ne pense pas que ce soit en lien avec la dureté du régime, mais plus de la culture confucéenne sous-jacente et de la volonté de survivre. Ils font globalement confiance au gouvernement et au contraire de nous, respectent ses ordres car ils savent que c'est pour leur bien. Cela reste à nuancer bien-sûr mais je pense que c'est peut-être ce qu'il nous manque chez nous (en France, NDLR), une relation de confiance avec le gouvernement. Je sens déjà qu'on va me dire que ce n'est pas de la confiance mais une dictature. Je ne vais pas nier le fait qu'il y ait une influence de plusieurs vingtaines d'années qui a conduit les chinois à ''aimer'' leur gouvernement mais aujourd'hui, les Chinois sont fiers de leur pays et de tout ce qu'il réussit à faire pour les mener au rang de leader mondial. Je pense que la Chine a vraiment fait le maximum dans les mesures prises contre le virus et j'imagine difficilement comment ils auraient pu endiguer plus rapidement l'épidémie. »

Maël (Japon) : « Alors, bien sûr le port de masque, à chaque entrée de chaque endroit il y a de quoi se laver les mains, le personnel de transports, supermarchés, et toutes les choses indispensables porte des maques, après chaque tournée les bus et les trains, ainsi que les gares sont nettoyés plus que d'habitude, les distance de sécurité ainsi que de la prévention. Selon moi elle est suffisante, à partir du moment où au Japon, on ne se touche pas beaucoup déjà sans virus, la population le prend plutôt bien, il n'y a aucune plainte et les gens suivent les consignes calmement. »

Talia (Liban) : « En fait, je trouve que les précautions qui ont été prises par mon pays étaient vraiment parfaites : tout le monde rentrait à la maison vers 19 heures maximum, pas toutes les voitures pouvaient circuler chaque jour, elles étaient classées entre pair et impair (selon la plaque d’immatriculation). En plus de ça, on pouvait se balader max à 2 sinon on devait payer une grosse somme d’argent, à travers une amende. Les Libanais qui revenaient de l’étranger restaient dans un hôtel pendant deux semaines afin de s’assurer qu’ils n’ont pas été contaminés. Pour moi, c’est même plus que suffisant, ils ont trop bien su gérer... et on n'a jamais dépassé les trente cas par jour et maintenant ce ne sont que trois cas maximums. Et le ministère de la santé contactait chaque personne qui était revenue de voyage afin de voir si elle ressentait des symptômes ou pas. Et vraiment chapeau bas, les Libanais ont trop bien respecté toutes ces précautions. »

Anonyme 1 (Canada) : (n’a pas répondu)

Anonyme 2 (Canada) : “ Je trouve que notre gouvernement aurait dû réagir au début de la pandémie en Chine. Il n'a pas fermé les douanes, les écoles et les commerces assez vite selon moi. Le Corona virus s'est propagé à une vitesse incroyable. De plus, les écoles primaires refont leur ouverture dans quelques jours mais, seulement primaire et je trouve cela très idiot. Les enfants de cet âge n'ont pas autant conscience du danger que nous. »

« MonsieurFlex » (Philippines) : « Interdiction de sortir sans masque, distanciation sociale, lavage de main et prise de température à chaque entrée de commerce. Je trouve ça suffisant. La population réagit plutôt bien, tout le monde respecte les consignes »

 

Troisième question : Est-ce que ton gouvernement a déjà sorti une ébauche du plan de déconfinement de ton pays ? Ou as-tu déjà vécu le déconfinement ?

 

Guilaine (Belgique) : « Oui ce sera dès le 18 mai. Les écoles vont rouvrir progressivement. Le masque sera obligatoire dans les transports et au travail. Cependant nous allons continuer le téléworking et aller au bureau seulement si c'est nécessaire.  Certains magasins ont déjà commencé à ouvrir je crois (bricolage et jardinerie). »

Mehdi (Espagne) : « Oui : on va le vivre en quatre phases, avec un peu plus de liberté toutes les deux semaines. Dès samedi, on pourra aller courir par exemple. Voilà la différence avec la France. »

Sarah (France) : « Oui, il a sorti une ébauche ; on serait déconfinés et les déplacements au-delà de 100km sont non-autorisés sauf exceptions, les écoles commenceront à réouvrir progressivement tout comme les commerces sauf ceux de plus de 40 000 m². »

Matilde (Portugal) : “Le confinement va se terminer le 3 mai. A partir de ce jour-là, il sera décrété l’état de catastrophe, qui signifie que la population pourra sortir de la maison, mais ne pourra pas sortir de la région où ils vivent. »

Carolane (Suisse) : « Oui, mais nous ne sommes pas confinés de base donc c'est plutôt différent des autres pays : ce sont juste les magasins qui vont réouvrir. »

Leia (Chine) : « Je n'ai pas vécu le déconfinement en Chine sachant que je suis partie avant mais disons que les dates de déconfinement n'étaient pas prévues autant à l'avance comme chez nous en France. Certains lieux de loisir comme les boîtes de nuit viennent à peine de rouvrir et les écoles restent fermées sauf pour les élèves devant passer un examen comme le bac ou le brevet. »

Maël (Japon) : « Pour l'instant je ne sais pas trop, les écoles réouvrent en mai, pour ma part je reprends le 18 mai, mais dans les plus grandes villes possiblement plus tard, de même pour moi la date peut encore changer, pour l'instant je ne sais pas. »

Talia (Liban) : « Oui, en principe on commence le 4 mai, quelques restaurants en plein air vont ouvrir, ils vont accueillir un maximum de 30 % en capacité, de plus les clients et les serveurs sont obligés de porter des masques. En plus de ça, l’aéroport sera toujours fermé. Les écoles seront réouvertes davantage dans les dernières étapes du déconfinement. »

Anonyme 1 (Canada) : « Je suis encore en confinement, mais le gouvernement commence lentement à réouvrir certaines choses comme, par exemple ; certaines écoles. À partir du 11 mai, les garderies et les écoles primaires vont graduellement réouvrir leurs portes. »

Anonyme 2 (Canada) : « Comme je disais, la réouverture des commerces et des écoles primaires sera pour bientôt et je ne crois pas que ce soit une très bonne idée. Les cas continuent d'augmenter au Québec et cela n'aidera pas la situation. »

« MonsieurFlex » (Philippines) : « Aucune idée (il est parti de l’île avant l’annonce d’une ébauche, NDLR) et non je n’ai pas vécu le déconfinement. »

 

Quatrième question : As-tu peur du "monde d’après » ? Qu'est-ce qui va changer selon toi ?

 

Guilaine (Belgique) : « J'espère juste qu'on trouve un vaccin, mais je ne suis pas anxieuse.  C'est juste un peu difficile car je ne peux pas aller voir ma famille en France pour l'instant. La situation économique sera difficile je pense. J'espère que cela se remettra vite. »

Mehdi (Espagne) : « Franchement bonne question... Ça nous incitera peut-être à comprendre qu'on est tous unis, et que ce qui se passe dans la vie de quelqu'un au bout du monde aujourd'hui peut t'affecter demain. Mais il y a beaucoup d'utopies sur le post confinement, perso je pense qu'on va tous retourner bosser et oublier rapidement, c'est-à-dire redevenir une société individualiste. »

Sarah (France) : « Oui ça me fait assez peur : je pense que beaucoup de choses vont changer comme l'économie, peut-être aussi le domaine médical. »

Matilde (Portugal) : « Oui. Je pense qu’après cela nous allons voir les choses d’une autre manière, et, en outre, il faudra quelques temps pour retourner à notre routine « habituelle », c’est donc pour cela que c’est après le COVID19 que nous allons traverser la situation la plus prudente que nous ayons jamais vécue : c’est un phénomène historique ! »

Carolane (Suisse) : « Non je ne vois pas pourquoi avoir peur, mais ce qui va changer, ce sera l’économie, où il y aura sûrement une forte baisse niveau pouvoir d'achat, une augmentation des frais d'assurance et de banque, ou encore des loyers. »

Leia (Chine) : « En toute honnêteté... Je suis extrêmement anxieuse par rapport au futur. J'ai peur que la crise économique que nous allons traverser soit handicapante pour nos études et plus tard dans notre insertion dans le monde du travail. J'ai également peur que les pays renforcent leur nationalisme et que le racisme et la xénophobie l'emportent sur le bon sens et la solidarité. Tous nos projets ont été bouleversés et j'appréhende qu'ils ne puissent plus se réaliser du tout. J'espère pouvoir effectuer ma rentrée en septembre et plus tard pouvoir retourner en Chine pour mes études… J'espère aussi pouvoir trouver un emploi à temps partiel pour financer ces mêmes études bien que cela risque de s'annoncer bien compliqué. »

Maël (Japon) : « Je n’en ai pas réellement peur, mais c'est indéniable que le monde va changer, je ne peux pas vraiment deviner comment alors l'avenir nous le dira. »

Talia (Liban) : “Je sens que plein de choses vont changer, et que le monde va être totalement différent. Au début, tout le monde va rester à faire attention à sa santé (gel, masques...), plus personne ne va oser toucher quelque chose sans se laver les mains, etc... Et aussi je sens que tout le monde va adopter des moyens plus avancés dans leur travail (technologie…) après avoir vu que c'est possible de travailler comme cela. Les écoles aussi vont réaliser que c'est possible les cours online et même plus pratique. Mais malheureusement, à cause de ça plein de gens vont perdre leur travail. Et les gens ne vont pas pouvoir vivre comme ils vivaient avant, puisque leur salaire va sûrement diminuer après être restés à la maison pendant deux mois, le nombre de vols va augmenter. Et, par exemple, Apple ne va plus avoir le même rendement qu’avant.”

Anonyme 1 (Canada) : « J’ai peur du monde après le confinement. Nous allons tous voir le monde différemment et je ne sais pas encore si c’est une bonne ou mauvaise chose. Selon moi, nous allons changer certaines choses de notre vie quotidienne pour que ça soit plus écologique. Nous avons remarqué la différence d’avant et pendant le confinement et il y a beaucoup d’aspects positifs pour l’environnement. Donc, je pense qu’il y aura moins de pollutions et qu’on va essayer d’avoir un mode de vie plus écologique. »

Anonyme 2 (Canada) : « J'ai l'impression que la vie ne sera plus pareille. Le confinement dure depuis plus d’un mois et demi et nous avons pris l'habitude de garder une distance entre les personnes. J'ai l'impression que cette manie va perdurer dans le temps malgré le déconfinement. Le côté économique a aussi pris un sacré coup avec cette pandémie. Nous réalisons que le monde tourne mal. Nous n'avons pas les priorités aux bonnes places. Ce n'est pas normal que l'économie chute quand nous achetons seulement l'essentiel. J'espère que cette pandémie aura ouvert les yeux du monde entier. »

« MonsieurFlex » (Philippines) : « J’ai peur que tout redevienne comme avant. Je pense que c’est l’occasion pour repenser notre manière de vivre, de polluer, de manger et de consommer. »


Voici venu donc la fin de cette enquête, je tiens à remercier toutes les personnes présentes ici d’avoir pris de leur temps pour me répondre dans ces circonstances.

En résumé, on notera que les pays ont employé différents moyens pour contrer l’avancée de l’épidémie, comme la Suisse qui n’a, finalement, pas vraiment confiné sa population, au contraire de l’Espagne, de la Chine ou de la France. De même, les ébauches du plan de déconfinement se passent pour la majorité en différentes phases, où les écoles sont souvent au centre des attentions. Enfin, le « monde d’après » fait tout de même peur à la majorité des personnes interrogées : elles pensent majoritairement à un changement de la société, et surtout à une future crise économique que le monde risque de plus en plus de traverser.

Le décor du confinement dans une des plus célèbres places de Bruxelles, par Pierre-Yves ThienpontLe décor du confinement dans une des plus célèbres places de Bruxelles, par Pierre-Yves Thienpont

Photographie prise par Mehdi F. le 17 avril dernier d'une des célèbres rues de Barcelone.Photographie prise par Mehdi F. le 17 avril dernier d'une des célèbres rues de Barcelone.

Prise par un photo-reporter de l'AFP, on découvrir l'esplanade de la Tour Eiffel quasiment vide : seuls subsistent des policiers qui contrôlent un individu.Prise par un photo-reporter de l'AFP, on découvrir l'esplanade de la Tour Eiffel quasiment vide : seuls subsistent des policiers qui contrôlent un individu.

Photo prise dans un lieu à forte densité, habituellement, au niveau de Santos, à Lisbonne, par Matilde C.

A Lausanne, une photo prise par un report pour Keystone montre les contrôles effectuées par la patrouille suisse.A Lausanne, une photo prise par un report pour Keystone montre les contrôles effectuées par la patrouille suisse.

Les rues désertes de Shanghai démontrent la quarantaine totale qui a eu lieu en Chine. Photo prise par Noel Celis pour l'AFP.Les rues désertes de Shanghai démontrent la quarantaine totale qui a eu lieu en Chine. Photo prise par Noel Celis pour l'AFP.

Les Jeux Olympiques de Tokyo, qui devaient avoir lieu à l'été 2020, ont été reportés à 2021 à cause de la pandémie de Coronavirus. Photo prise par un photo-reporter pour Reuters.Les Jeux Olympiques de Tokyo, qui devaient avoir lieu à l'été 2020, ont été reportés à 2021 à cause de la pandémie de Coronavirus. Photo prise par un photo-reporter pour Reuters.

Une montre indique midi dans une rue proche de la place des Martyrs. Photo prise par Mohamed Azakir pour Reuters.Une montre indique midi dans une rue proche de la place des Martyrs. Photo prise par Mohamed Azakir pour Reuters.

Deux photos prises à Montréal, par Denis Wong pour Radio-Canada, et à Ottawa, par Francis Ferland, montrent les rues désertes et les contrôles de la police canadienne.

Avec sa photo pour Association Press, Aaron Favila montre les rues vides de Manille, capitale des Philippines, qui, habituellement, grouillent de monde. Avec sa photo pour Association Press, Aaron Favila montre les rues vides de Manille, capitale des Philippines, qui, habituellement, grouillent de monde.