Le plan du déconfinement établi par Édouard Philippe

Le plan du déconfinement établi par Édouard Philippe

Le Premier ministre Édouard Philippe a rassemblé soixante-quinze députés, qui portaient la voix de la République. Un rassemblement sous haute tension, accompagné par les brouhahas de l'Assemblée nationale. Qui l'eût-cru qu'un mardi, à 15h, la majorité des Français allait regarder un débat à l'Assemblée nationale ? Aujourd'hui était donc un jour critique pour l'exécutif français, le jour où le plan du déconfinement, dont le top départ est prévu le 11 mai, était donc dévoilé et ensuite débattu par les députés présents.

Tout d'abord, sur le plan éducatif :

Jean-Michel Blanquer avait pourtant été convaincant le 25 avril dernier lors de son audition à l'Assemblée nationale, lorsqu'il déclarait que le retour en cours serait divisé en trois parties, entre le 11 mai, pour les écoles maternelles et primaires, jusqu'au 25 mai pour toutes les autres classes hors lycées et 6e / 5e qui devaient entrer le 18 mai. Pourtant, Édouard Philippe a totalement chamboulé le plan de l'Éducation Nationale.

Dans le plan adopté par l'Assemblée nationale, Édouard Philippe éclaircit les perspectives : à compter du 18 mai, les classes de 6e et 5e pourront ouvrir sous conditions, tout comme les crèches, écoles maternelles et primaires. Pour les lycées, par contre, tout est remodelé : aucune réouverture avant au moins début juin. Un point sur la situation sera réalisé par le gouvernement fin mai, avec pour objectif de donner l'information le plus tôt possible pour les lycéens : certains doivent passer l'oral de Français, en 1e. Si les Terminales ne passent plus le bac, qui sera validé ou non sur base de contrôle continu, les Premières devaient passer leur épreuve début juillet. Un voile se hisse sur ce dernier. De plus, Philippe annonce que les classes ne pourront accueillir que quinze élèves maximum, et seulement dix pour les crèches. Enfin, pour les masques, il sera interdit de faire porter un masque aux élèves en maternelle, mais ce masque sera obligatoire pour les collégiens. Entre les deux, à l'école élémentaire, le masque n'est pas recommandé, mais des masques pédiatriques seront distribués aux écoles. Tous les enfants pourront revenir en cours sur la base du volontariat : il n'y aura aucune obligation.

Au niveau des masques :

C'est simple. Pour Édouard Philippe, il y aura assez de masques pour toute la population française. Il explique également qu'il est préférable d'en porter dans de nombreuses circonstances : ces masques seront rendus obligatoires à partir du 11 mai dans les transports en commun par exemple. Si les masques ne peuvent être trouvés dans les commerces, le Premier ministre invite les Français à les fabriquer eux-mêmes. Philippe a assumé son choix de réserver les stocks de masques aux soignants, un "choix difficile" mais "nécessaire". L'État prendra en charge 50 % du coût des masques grand public achetés par les collectivités locales. 

Concernant les déplacements :

Fini les attestations à partir du 11 mai. Édouard Philippe confirme la logique, énonçant les futurs déplacements autorisés sans attestation. Les Français pourront voyager jusqu'à cent kilomètres sans le moindre bout de papier. Néanmoins, pour un voyage de plus de cent kilomètres, une attestation sera obligatoire, et devra être liée à une nécessité, familiale ou professionnelle. Philippe annonce continuer à réduire l'offre et obligera la réservation dans tous les trains, TGV ou non, pour décourager les échanges entre départements. 

Le point sur ce qui ouvrira (ou non) :

Alors que tous les commerces non-essentiels sont fermés jusqu'au 11 mai, cette date marquera une grande empreinte dans l'économie française. Hormis les restaurants, bars et cafés qui resteront fermés jusqu'à début juin, au moins, tous les autres commerces non-essentiels (dont les coiffeurs !) pourront réouvrir après deux mois de fermeture. De même, les marchés pourront reprendre, en ayant l'aval des préfets qui vérifieront si les gestes barrières pourront être réalisés. Ainsi, les marchés en plein air, les magasins et les halles couvertes pourront de nouveau exercer leur fonction, en respectant les mesures sanitaires. 

Néanmoins, certaines activités ne pourront reprendre, comme celles des lieux à grande affluence, à l'image des grands musées comme le Louvre, ou bien encore les centres commerciaux de plus de 42000 m². Pour réouvrir leur commerce, les propriétaires devront faire attention aux personnes présentes dans le magasin : chaque commerçant devra répondre à un cahier des charges sanitaires strict, comme le port du masque obligatoire si les gestes barrières ne peuvent être appliqués. 

Au niveau divertissement :

C'était la grande interrogation dans le quotidien d'un sportif avant ce mardi 15h : quand est-ce que les activités pourront reprendre, et surtout dans quelles mesures. Si les rassemblements de plus de dix personnes, que ce soit publics ou privés, sont interdits, le sport individuel pourra reprendre sans difficulté. Néanmoins, un sportif ne pourra refaire son sport dans un lieu couvert, à l'image d'un court de tennis indoor par exemple. À l'école, les élèves ne pourront plus pratiquer de sport collectif jusqu'à nouvel ordre. Pour le sport professionnel, cette déclaration signe l'arrêt de mort des saisons 2019-2020 de Ligue 1, Ligue 2, D1 Arkema en football, du Top 14 et de la Pro D2 en rugby entre autres. Jusqu'en septembre, ou en août si c'est à huis clos, aucune rencontre professionnelle ne pourra être réalisée sur le sol français. 

Les cérémonies religieuses, elles, restent interdites jusqu'au 2 juin, au moins. Cette date correspond à la seconde étape du plan de déconfinement évoqué par Edouard Philippe. Pour les personnes âgées, elles devront continuer à limiter leurs contacts au strict minimum, afin de préserver leur santé. "En vous protégeant, vous protégez le système hospitalier", selon Édouard Philippe. 

Enfin, pour les tests à grande échelle, le Premier ministre désire en réaliser 700 000 par semaine à compter du 11 mai. Ce plan de déconfinement doit donner lieu à un triptyque : Protéger, Tester et Isoler. Toutes les personnes qui ont été en contact avec un patient positif devront pouvoir être testées en toute sécurité. Ces tests seront pris en charge par l'Assurance Maladie à 100 %.

À l'heure où le bilan du COVID-19 dépasse les 23 000 décès en France, Édouard Philippe a donc dévoilé son plan de déconfinement dont le coup d’envoi est prévu le 11 mai prochain, rappelant qu'il pourrait être repoussé si les indicateurs pour un déconfinement ne sont pas positifs au 7 mai. Un plan adopté par les députés de l'Assemblée nationale : 368 votes pour, 100 contre.