Mariano Rajoy défait par les socialistes et destitué

Mariano Rajoy défait par les socialistes et destitué

En l’espace d’une semaine, le Premier ministre espagnol est tombé de Charybde en Scylla. Il a été renversé par une motion de censure qui a porté le socialiste Pedro Sanchez au pouvoir.

Plus dure sera la chute pour Mariano Rajoy. Le chef du gouvernement espagnol a reconnu sa défaite ce vendredi matin, avant même le vote des députés sur la motion de censure présentée par l'opposition socialiste. C'est donc le chef du PSOE, Pedro Sánchez, qui devrait prendre immédiatement la tête du prochain gouvernement.

L'Espagne a un nouveau chef du gouvernement : il s'agit du socialiste Pedro Sanchez. Dans une allocution devant le Parlement, le chef conservateur du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait reconnu, vendredi 1er juin, sa défaite avant la motion de censure socialiste. Cette dernière a été adoptée à 180 voix pour, 169 députés ont voté contre et une abstention.

En l’espace d’une semaine, celui qui incarnait un des exécutifs les moins mouvementés d’Europe est tombé de Charybde en Scylla. D’un grand sourire triomphant à une mine déconfite. Premier acte : malgré un gouvernement en minorité, Rajoy a pu «boucler» le budget annuel lui permettant a priori de terminer sa législature jusqu’à 2020. Deuxième acte : le verdict fracassant du tribunal de l’Audience nationale qualifiant sa formation de «système de corruption généralisé» et condamnant 27 anciens dirigeants à une centaine d’années de prison.

"Un honneur d'avoir présidé le gouvernement espagnol"

"Ce fut un honneur d'avoir présidé le gouvernement espagnol et de laisser l'Espagne dans un meilleur état que celui dans lequel je l'ai trouvée. J'espère que mon remplaçant pourra dire la même chose à son tour", avait confié avant le vote Mariano Rajoy. 

Motion de censure

Fort de cette terrible nouvelle pour les conservateurs, le leader socialiste Pedro Sánchez a déposé une motion de censure, qui au départ paraissait indolore, mais qui pourrait bien être fatale à Mariano Rajoy. C’est ce qui ressort des premières longues heures, intenses et véhémentes, au cours desquelles cette motion a été discutée au sein de la chambre des députés, les Cortes, à Madrid. Avec seulement 82 sièges, la partie semblait très difficile pour les socialistes qui, en 2016, avaient déjà tenté en vain de renverser le gouvernement Rajoy : pour que la chute du leader conservateur ait lieu, il faut que Pedro Sánchez obtienne au total l’assentiment d’au moins 176 députés. Cette gageure s'est décantée, car une flopée de petites et moyennes formations nationalistes ou régionalistes semblent être prêtes à faire tomber Mariano Rajoy. Outre les séparatistes catalans, se sont ralliés à la cause les nationalistes basques modérés du PNV, acteur clé de cette motion de censure. Et le désormais ex-Premier ministre a reconnu sa défaite avant le vote de la motion de censure. Vote qui de toute façon a achevé Mariano Rajoy : au total, 180 députés ont voté pour le départ de Mariano Rajoy, 169 contre, et un seul s'est abstenu. Renversé par le Parlement, celui qui s'est confronté à Carles Puigdemont sur le dossier catalan part la tête baissée. La fin d'un règne sans partage depuis 2011 du PP, Parti populaire avec une ligne droitière et conservatrice.