Coronavirus : Xi Jinping savait 13 jours avant l'officialisation, mais Wuhan a tenté de mentir.

Coronavirus : Xi Jinping savait 13 jours avant l'officialisation, mais Wuhan a tenté de mentir.

C'est une bombe qu'a lancé le New-York Times. Un discours interne de Xi Jinping - le dirigeant autoritaire chinois - publié en ligne (fait très rare) et repris par les médias à la botte de l'Etat a été repéré et partagé par nos confrères américains. Explications.

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C'est un verbatim d'une réunion secrète interne qui a "fuité" de manière officielle tard ce 15 février 2020. Alors que les officiels de Wuhan méprisaient toujours le danger du virus et tentaient de mettre tout cela sous le tapis, Xi Jiping était au courant environ 2 semaines avant l'officialisation par lui-même de l'épidémie émergente d'un nouveau coronavirus, parti d'après la version officielle d'un marché de cette ville de 11 millions d'habitants (5 fois Paris).

Le 7 janvier 2020, lors d'un consei du Politburo, le dirigeant désormais président à vie, a demandé des explications et un bilan précis pour savoir comment ce virus et cette crise sanitaire était gérée. Sans doute avait-il imaginé qu'elle allait devenir une crise sanitaire majeure pour son pays et une inquiétude mondiale - notamment économique.

Dans ce discours, on apprend notamment que l'autorisation de la mise en quarantaine totale de Wuhan a été donnée directement par lui le 23 janvier. Le dirigeant autoritaire espère faire changer d'avis l'opinion publique, car il est sous le feu des critiques depuis l'apparition du COVID19 qui a tué au moins 1 666 personnes à l'heure où ces lignes sont écrites.

Jude Blanchette, qui fait partie du CSIS (Center for Strategic and International Studies), citée par le New-York Times, rapporte que Xi essaie de faire comprendre que son pays "n'était pas endormi", qu'il "savait qu'il y avait un problème" mais que la sonnette d'alarme "n'a pas été tirée".

Le président Xi Jinping lui-même le reconnaît : l’épidémie de Covid-19 constitue « un test majeur pour le système chinois et la capacité de gouvernance » du pays. En clair, pour la centralisation du pouvoir qu’il incarne, comme aucun de ses prédécesseurs, depuis Mao Zedong. Par ce qu’elle révèle du fonctionnement du Parti communiste chinois, la crise sanitaire revêt donc une dimension politique importante.

En consacrant sa « une », début février, au coronavirus « Made in China », l’hebdomadaire allemand Der Spiegel a fait scandale. Mais pour certains, le virus est bien le fruit de la corruption et de la dissimulation, deux des ressorts du communisme chinois. Evidemment, Pékin pense exactement l’inverse...

Pourtant, la gestion par les autorités de Wuhan sont très critiquées car elles n'ont eu de cesse pendant plusieurs jours de nier la dangerosité du virus. La transmission inter-humains a été pendant plusieurs jours démentie, avant d'être avouée. Le premier décès officiel a été déclaré le 9 janvier. L'officialisation par Xi vint seulement le 20 janvier. Invisible pendant plusieurs jours, il s'est ensuite montré pour tenter de montrer au monde qu'il reprenait la main. Pour tenter de calmer le jeu, Xi Jinping a même viré deux officiels haut placés de Wuhan, vraisemblablement à cause de leurs manoeuvres cherchant à cacher le réel danger de ce nouveau coronavirus.

Concernant l'épidémie. «L’évolution de cette épidémie reste imprévisible», a reconnu le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. certains cas à l’étranger ne sont peut-être même pas comptabilisés : d’après La Croix, 3 décès dus au virus seraient survenus en Corée du Nord fin janvier, qui n’a toutefois déclaré aucun cas. D'après plusieurs études, un malade contamine entre 4 et 6 personnes. Même les mesures de quarantaine ne parviennent à empêcher totalement la propagation du virus - en témoigne les nombreux cas recensés ces dernières 48h au Japon, notamment à cause d'un chirurgien infecté à Wakayama et les patients contaminés à Tokyo à cause d'un chauffeur de taxi.