Une fausse alerte au missile déclenchée par erreur à Hawaii

par La rédaction La Plume Libre 14 Janvier 2018

Une fausse alerte a été envoyée à tous les habitants de l'archipel samedi pour les prévenir de l'arrivée imminente d'un missile balistique et leur demander de se mettre à l'abri. L'erreur a provoqué un vent de panique.

«MENACE DE MISSILE BALISTIQUE SUR HAWAI. METTEZ-VOUS IMMEDIATEMENT A L'ABRI. CE N'EST PAS UN EXERCICE.» Voici le message quelque peu alarmant que les habitants d'Hawaï ont reçu sur leur smartphone samedi peu après 08h00 locales. Dans la confusion, plusieurs personnes, notamment l'élue démocrate à la Chambre des représentants Tulsi Gabbard, ont partagé l'alerte sur les réseaux sociaux, envoyée via le système Amber Alert qui dépend du ministère américain de la Justice.

La menace a finalement été rapidement démentie par les autorités de l'archipel. Dans des tweets séparés, le gouverneur de Hawaï David Ige et l'agence locale de gestion des événements d'urgence ont chacun assuré que cet Etat américain situé dans l'océan Pacifique n'était pas menacé par un missile balistique, dans un contexte géopolitique tendu marqué par les menaces d'attaque nucléaire du régime nord-coréen contre des intérêts américains.

«Le message a été envoyé par erreur», a expliqué le porte-parole du centre de commandement militaire américain pour la zone pacifique, après avoir assuré que le centre n'avait «détecté aucune menace de missile balistique sur Hawaï». Lors d'un point de presse, le gouverneur David Ige a indiqué que l'incident s'était produit lors de la relève d'une équipe du centre. Alors que les employés s'installaient et suivaient la procédure habituelle pour vérifier que le système était opérationnel, «quelqu'un a appuyé sur le mauvais bouton». Le gouverneur s'est refusé à dire si l'agent coupable d'avoir envoyé la fausse alerte allait être sanctionné. «Ce monsieur se sent mal», a-t-il dit. «Il n'a pas fait ça intentionellement.»

Le gouverneur a annoncé que l'activation du système nécessiterait désormais la présence de deux personnes, et plus une seule. Utilisé régulièrement aux États-Unis pour des alertes enlèvement, le système Amber est souvent critiqué pour son manque de fiabilité. «Le public doit avoir confiance dans notre système d'alerte d'urgence», a déclaré le gouverneur de Hawaï dans un communiqué, précisant qu'il ferait en sorte d'«empêcher que cela ne se reproduise».

Réfugiés au sous-sol

Sur place, la fausse alerte a semé la panique. Une résidente de Hawaï, Alison Teal, a témoigné par mail auprès de l'AFP qu'après avoir découvert le message sur son téléphone portable, «ça a été le pire moment de ma vie». «On m'a raconté récemment que si un missile était tiré depuis la Corée du nord, on avait 20 minutes d'ici l'impact», a-t-elle expliqué. «Tout le monde était paniqué», a-t-elle ajouté.

En vacances sur l'île de Maui, où se trouve Honolulu, Lauren McGowan a raconté, elle, à l'AFP que le personnel de son hôtel, le Montage Kapalua Bay, lui avait demandé de se réfugier dans la cafétéria des employés, au sous-sol. Au bout de quelques minutes, l'un des seuls clients à capter du réseau téléphonique au sous-sol a annoncé qu'il s'agissait d'une fausse alerte. «C'était un peu perturbant», a expliqué Lauren McGowan.

Des témoins ont indiqué que les messages d'alerte étaient également apparus sur les postes de télévision et diffusés à la radio. La station Hawaii News Now a diffusé des images de ce qu'elle présentait comme des étudiants de l'université d'Hawaï à Manoa, un quartier d'Honolulu, en train de courir pour aller se mettre à l'abri.

Cette fausse alerte intervient après deux ans de tensions sur la péninsule coréenne en raison de l'accélération du programme nucléaire de Pyongyang. La Corée du Nord a procédé ces derniers mois à plusieurs lancements de missiles et, en septembre, à un sixième test nucléaire, le plus puissant à ce jour. Elle a affirmé être en mesure d'atteindre le territoire continental américain. Pour autant, le climat semble s'être adouci depuis le début de l'année, avec la reprise des contacts officiels entre les deux Corées, et une main tendue de Washington.

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