Hidalgo a dépensé plus de 224 000 € pour un rapport sur la propreté de.. 14 pages

par Stanislas Racine 31 Janvier 2018

Pour impliquer les Parisiens dans la gestion de la ville, Anne Hidalgo a organisé des conférences citoyennes sur la propreté des rues. Pas sûr qu’ils auraient souhaité participer s’ils avaient connu le coût de l’opération, révélé par le Canard Enchaîné...

Anne Hidalgo l’a affirmé à plusieurs reprises, elle ne se satisfait pas de l’état des rues de Paris et en fait l’une de ses priorités de fin de mandat. Mais choisit-elle les bonnes solutions ? Parmi les grandes lignes de son plan propreté de mars 2017 (le troisième depuis son élection), on trouvait la volonté de plus impliquer les citoyens, comme le relevait le JDD. La maire de la capitale avait alors émis le souhait d’organiser des conférences citoyennes pour faire émerger de “belles propositions” afin de rendre la ville plus propre.

Sauf que ces bons sentiments ont un prix : 224 580 euros précisément ! Ce chiffre est révélé par le Canard Enchaîné dans son édition du mercredi 31 janvier. Il proviendrait du rapport d’une mission d’enquête du Conseil de Paris, présidée par une élue d’opposition. Afin d’avoir l’avis des citoyens sur l’état des rues de Paris, sept commissions de 15 habitants chacune ont été organisées à l'automne, rapporte l’hebdomadaire. Et 224.580 euros auraient donc été payés par la mairie à l’Ifop et l’agence de communication Planète publique pour l’organisation, de la sélection des citoyens à la rédaction de leurs réflexions.

Evidemment, le Canard ne manque pas au passage de relever les conclusions les plus cocasses faites par l’Ifop et Planète publique après avoir écouté les habitants, dont les idées ont été résumées dans un document de 14 pages. Par exemple : “la perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté”.

Selon l'hebdomadaire, sept commissions de 15 habitants chacune, soit 105 personnes, ont été organisées à l'automne par l'Ifop et l'agence de communication Planète publique. L'objectif était de faire réfléchir ces citoyens sur l'état de leur ville et de leur faire coucher par écrit leurs réflexions. Résultat: 14 pages (16.000 euros la page donc) d'un rapport énumérant les idées avancées par les «cobayes». Le Canardne manque pas d'en citer les plus croustillantes, au rayon desquelles se glisse une pensée des plus philosophiques: «La perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté». Que celui qui a compris nous jette la première pierre.

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