Attentat terroriste à Trèbes : ce que l'on sait

par Stanislas Racine 23 Mars 2018

Redouane Lakdim, un islamiste de 25 ans, a tué quatre personnes, dont un gendarme qui s'est offert en échange d'otages, et en a blessé plusieurs autres au cours de trois attaques menées ce vendredi à Carcassonne et à Trèbes, dans l'Aude. Il a été abattu par les forces de l'ordre au cours d'un assaut dans un supermarché. Le groupe terroriste Etat islamique a revendiqué les attaques.

L'auteur présumé des trois attaques à Carcassonne et Trèbes (Aude) a été tué ce vendredi lors d'un assaut mené par les gendarmes du GIGN dans le supermarché de Trèbes où il était retranché avec un gendarme.

«Le suspect a d'abord volé une voiture à Carcassonne, tuant un passager et blessant le conducteur, avant de toucher à l'épaule un CRS à proximité de la caserne située non loin de là. Ensuite, il a tué deux autres personnes au cours de la prise d'otages dans le supermarché de Trèbes» et en a blessé plusieurs autres, ont précisé des sources. L'individu a été abattu par les forces de l'ordre lors de l'assault donné à 14h25. Le dernier bilan connu fait état de quatre morts et 15 blessés, dont un grièvement blessé.

Un CRS a été blessé par balles ce vendredi par un individu à Carcassonne, dans l'Aude. Alors qu'il rentrait d'un footing avec trois collègues, son groupe a été visé par un individu qui les suivait en voiture. L'homme de 25 ans a tiré au moins cinq coups de feu avant de prendre la fuite. Le CRS, blessé à l'épaule, a reçu les premiers soins par ses collègues avant d'être transporté à l'hôpital. Son pronostic vital n'est pas engagé selon plusieurs sources concordantes. La voiture de l'homme qui a tiré sur les quatre CRS ce matin à Carcassonne a été retrouvée sur le parking du supermarché de Trèbes où une prise d'otage a lieu (encore en cours). Après cette fusillade, il a braqué une Opel blanche, tuant un des passagers. Il a ensuite été dans le Super U de Trèbes où il a tué au moins deux personnes (vraisemblablement des employés) en criant "Allah akbar".

Sur le trajet de l'homme, une quatrième victime a été trouvée, tuée par balles, mais aucune corrélation avec le terroriste marocain n'a été établie. Sa mère et sa soeur se sont rendues sur place, de même que Gérard Collomb.

Un assaut a eu lieu et le terroriste a été abattu L'homme voulait la libération de Salah Abdeslam. Plusieurs coups de feu ont été entendus vers 11h20 dans le Super U, de même que des cris.

L'homme se revendique de Daech

Selon les premiers éléments de l'enquête, un homme «a pénétré vers 11H15 dans ce supermarché Super U et des coups de feu ont été entendus», a précisé cette source. Une cliente du supermarché témoigne sur France info: «Un homme a crié et a tiré des cours de feu à plusieurs reprises. J'ai vu une porte de frigo, j'ai demandé aux gens de venir se mettre à l'abri. Nous étions dix et nous sommes restés une heure. Il y a eu encore des coup de feu et on est sorti par la porte de secours derrière. (...) Il a crié ‘Allah je ne sais pas quoi', je ne l'ai pas vu.»

Un autre témoin présent sur place affirme également que l'homme est entré dans le supermarché au cri d'«Allah Akbar» et serait armé de couteaux, d'une arme de poing et de grenades. L'individu retranché dans le supermarché se réclame du groupe terroriste État islamique, selon le parquet de Carcassonne qui s'est dessaisi de l'affaire au profit de la section antiterroriste du parquet de Paris, annonce le parquet de Paris à l'AFP.

Cet homme est un Marocain d'une trentaine d'années connu de la DGSI pour radicalisation. Il était un des tout premiers candidats au djihad, selon TF1. Il dit vouloir "venger ce qu'il s'est passé en Syrie".

Trois attaques, quatre décès

Radouane Lakdim, 25 ans, fiché S depuis 2014, débute sa virée meurtrière vendredi à 10h13. Dans la cité de l'Aigle, à Carcassonne, il braque une Opel corsa de couleur blanche. Il ouvre le feu, tuant le passager du véhicule, blessant grièvement le conducteur. Vendredi soir, le pronostic vital de ce dernier était toujours engagé.

Au volant de la voiture volée, l'homme se dirige ensuite vers la caserne Laperrine. Il attend quelques minutes d'éventuelles sorties de militaires, avant de se raviser.

Le terroriste se dirige alors vers la caserne CRS. Peu avant onze heures, il ouvre le feu sur quatre agents qui rentrent d'un footing à 200 mètres de leur caserne. Il tire à plusieurs reprises, blessant l'un des fonctionnaires. Sur les lieux, les autorités retrouveront six douilles.

Radouane Lakdim prend la fuite au volant de son véhicule et se dirige vers le magasin Super U de Trèbes, situé à quelques kilomètres. Il pénètre dans le supermarché en tirant plusieurs coups de feu. Il crie «Allah Akbar», indique qu'il est un soldat de l'État islamique et se dit prêt à mourir pour la Syrie. L'homme sollicite la libération de «frères» puis il abat un client et un employé.

Le terroriste islamiste a ensuite pris en otages plusieurs personnes dans le Super U de Trèbes où «des coups de feu ont été entendus». L'homme «a tué deux personnes au cours de la prise d'otages», un employé et un client, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP.

À 14h25, l'assaut a été donné par les forces de l'ordre. L'intervention n'a duré qu'une dizaine de minutes. Le terroriste a été abattu. Seul un gendarme était retenu à l'intérieur du supermarché.

Un lieutenant-colonel de 45 ans s'est échangé contre un otage

Âgé de 45 ans, un gendarme, Arnaud Beltrame, s'était constitué prisonnier à la place d'une femme retenue en otage au Super U de Trèbes. L'homme est un officier en local du groupement de gendarmerie de l'Aude. Il est mort, a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb depuis Trèbes, tôt ce matin. Le ministre a salué l'«héroïsme» de ce gendarme qui, pendant la prise d'otage, a laissé son téléphone ouvert permettant aux forces d'intervention de suivre ce qu'il se passait à l'intérieur. Elles ont lancé l'assaut lorsqu'elles ont entendu des coups de feu à l'intérieur du supermarché.

C'est le gendarme lui-même qui a volontairement et rapidement proposé de prendre la place d'une femme, peu de temps après le début de la prise d'otages. Un autre militaire de l'antenne GIGN de Toulouse a été blessé au cours de l'assaut. Il est malheureusement décédé le 24 mars au matin des suites de ses blessures.

[actualisation : 24/03/2018 à 13h24]

Partager sur

Nosferatu, une symphonie de l'horreur

par Emma Tremembert 17 Avril 2018

Debussy : révolution éclectique

par Raphaël Godefroid 01 Avril 2018