"Tu crois que nous, on va oublier ?" Un geôlier recadre un djihadiste face caméra

par La rédaction La Plume Libre 21 Janvier 2018

« Un djihadiste face à son geôlier », tel est le titre d’un reportage diffusé le 20 janvier sur France 2 dans le journal de 20h. Affirmant au journaliste qu'il souhaitait rentrer en France, le djihadiste originaire de Lunel (34) est sèchement recadré par son geôlier, français volontairement parti rejoindre les rangs de l'YPG.

Le 20 janvier, la chaîne publique France 2 a diffusé dans son journal de 20h, un reportage sur le sort d’un djihadiste français détenu en Syrie par les unités de protection du peuple kurde (YPG). Le djihadiste présumé, renommé Yacine pour l'occasion, a accepté de répondre aux question d’un journaliste. Interrogé sur les raisons de son voyage en Syrie, l’homme originaire de la ville de Lunel, a répondu qu’il était venu chercher son petit frère parti rejoindre les rangs de l’Etat islamique.

https://youtu.be/16ugKgbkVKg

Une affirmation contrariée par l’existence de nombreuses photos qui montrent les deux frères armés lourdement et semble-t-il heureux de poser devant l’objectif. «La plupart des gens sont venus avec une croyance, avec un idéal, moi je suis venu sans idéal […], je ne connaissais aucune sourate, je ne connaissais rien du tout», affirme-t-il, cigarette à la main. A la question du journaliste qui lui demande s’il souhaite être rapatrié en France, Yacine répond après avoir esquissé un bref sourire : «Je veux rentrer chez moi.»

Alors qu’il affirme que les combattants kurdes lui ont assuré qu’il regagnerait la France après «les interrogatoires», un garde français qui a volontairement intégré les unités YPG lui lance sèchement sous la forme de questions rhétoriques : «Tu penses que ça va être aussi facile […] de rentrer chez toi après avoir été avec l’Etat islamique ? Avoir vu des gens se faire décapiter, ne pas avoir réagi ?» Le djihadiste présumé rétorque : «Mais il y a mon histoire, comment voulez-vous réagir ? Je me fais couper la tête avec eux ? Moi, je veux rentrer chez moi et oublier.» Une réponse qui ne convainc pas le garde qui enchaîne : «Tu crois que nous on va oublier ? On va oublier tous les gens qui sont morts dans cette guerre ? On va oublier tous nos camarades qui sont tombés à cause de gens comme toi ?» «Je n'ai rien à voir avec eux», lui assure Yacine, arrêté par les forces kurdes qui le considèrent comme un terroriste de Daesh.

Le 8 décembre dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait estimé qu'environ 500 djihadistes français se trouvaient encore sur le théâtre syro-irakien, d'où ils auront, selon lui, du mal à revenir vers la France.

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