Gérald Darmanin accumule les plaintes : cette fois-ci, il s'agit d'une plainte pour « abus de faiblesse »

par Stanislas Racine 14 Février 2018

Une femme l'accuse de lui avoir fait des «demandes à caractère sexuel» en échange d'un logement alors qu'il était maire de Tourcoing (Nord). L'actuel ministre de l'Action et des Comptes publics fait déjà l'objet d'une plainte pour viol dans une autre affaire.

 

Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, déjà visé par une enquête pour viol, fait désormais l'objet d'une plainte pour abus de faiblesse, déposée mardi auprès du parquet de Paris. Selon des sources judiciaires, une enquête préliminaire a été ouverte après l'audition par la police judiciaire d'une plaignante domiciliée à Tourcoing (Nord), ville dont Gérarld Darmanin a été le maire entre 2014 et 2017. Cette femme aurait indiqué avoir fait l'objet de «demandes à caractère sexuel» en échange d'un nouveau logement.

Selon l'hebdomadaire Le Point , ces faits se seraient déroulés au cours des années 2015 et 2016. La plaignante, qui occupait un logement insalubre aurait demandé à être relogée. «C'est à ce moment-là que Gérald Darmanin lui aurait fait des avances», précise une source proche de l'enquête à l'hebdomadaire. Le ministre devrait être entendu prochainement par les enquêteurs du premier district de la police judiciaire (DPJ) à propos de cette nouvelle plainte.

Déjà visé par une enquête pour viol

Gérald Darmanin a déjà été entendu lundi, dans le cadre d'une «audition libre» par les enquêteurs de la police judiciaire parisienne. Il est également visé par une plainte déposée par Sophie Splatz, née Olga Patterson, en juin 2017. Cette ancienne call-girl a été condamnée en 2004 à dix mois de prison avec sursis et 15.000 euros de dommages et intérêts pour chantage, appels malveillants et menace de crime à l'encontre de son compagnon de l'époque. En 2009, elle se serait adressée à Gérald Darmanin pour tenter de faire annuler cette condamnation. D'après Le Monde , celui qui n'était encore qu'un jeune chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP lui aurait fait miroiter son appui auprès de la Chancellerie en échange de faveurs sexuelles.

Malgré le dépôt d'une plainte en juin, celle-ci a été classée sans suite car Sophie Splatz a refusé de répondre aux convocations des enquêteurs. Mais, courant janvier, les investigations ont été relancées après l'envoi d'un nouveau courrier par cette femme de 46 ans au parquet de Paris. Ce dernier a rouvert une enquête préliminaire le 22 janvier et la plaignante a été entendue par la police judiciaire. De son côté, le ministre a déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse pour répondre à ce qu'il a qualifié «d'allégations infâmes».

Le jeune ministre de 35 ans, issu des rangs des Républicains, garde le soutien du gouvernement et du président de la République en vertu de la règle selon laquelle seule une mise en examen peut entraîner une exclusion automatique.

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