La croissance de la France ralentit encore

par Stanislas Racine 10 Mars 2018

Le climat des affaires a de nouveau fléchi en février, après un premier recul en janvier. Le pic d'accélération de la croissance semble avoir été atteint fin 2017. Macron aurait-il déjà gagné son pain blanc ?

Après une accélération rapide fin 2017, l'économie française serait-elle déjà en train de souffler ? L'enquête mensuelle de l'Insee sur le climat des affaires incite à le penser. Elle dévoile un nouveau tassement des indices en février. «Le climat des affaires est un peu moins favorable que le mois précédent, même s'il demeure bien au-dessus de sa moyenne de longue période», notent les experts de l'institut. Il marque particulièrement le pas dans les services à 106 (-3 points en un mois), sur une moyenne de longue période à 100.

Si elle se confirme, la tendance, qui s'observe pour l'instant depuis deux mois, révèle deux informations importantes: d'abord, la croissance resterait dynamique en 2018, mais elle n'accélérerait plus. Autrement dit le pays devrait, du moins à court terme, rester sur le rythme observé fin 2017. L'Insee table d'ailleurs sur une progression du PIB de 0,5 % au premier trimestre de cette année et de 0,4 % au deuxième. Prudent, le gouvernement vise de son côté une croissance de 1,7 % en 2018, en repli donc après les 2 % attendus pour 2017.

Faiblesse de la formation française

La croissance semble donc destinée, au mieux, à plafonner en 2018. Les économistes évoquent une série de contraintes structurelles pour expliquer pourquoi les entrepreneurs ne parviennent pas à accélérer davantage pour franchir allégrement la barre des 2 % de hausse du PIB. La première est liée à la faiblesse de la formation. Malgré un taux de chômage toujours élevé (8,9 % à fin 2017), de nombreuses entreprises, notamment dans l'industrie, peinent à trouver les compétences dont elles ont besoin.

Des années de sous-investissement dans les appareils de production se traduisent également aujourd'hui par une tension sur l'offre. Fin 2017, 37 % des chefs d'entreprise déclaraient rencontrer des goulots d'étranglement, c'est-à-dire avoir atteint le maximum de leur capacité de production. Depuis avril 1990, la proportion n'avait jamais été aussi élevée. À 85,8 %, le taux d'utilisation des capacités de production atteint aussi un sommet depuis dix ans.

Quelques chiffres :

- 1 indépendant sur 10 gagne aujourd'hui moins de 500 euros par mois

- 27.300 entreprises industrielles ont disparu entre 2006 et 2015, soit une perte de plus d'un demi million d'emplois

- Salaire mensuel net moyen d'un Français : 2 250 €

- Croissance française en 2017 : 2 %

Partager sur