Nicolas Hulot accusé de harcèlement sexuel et de viol

par Stanislas Racine 08 Février 2018

Le nom du ministre de la Transition écologique revient, selon l'Ebdo, dans deux affaires d'agression sexuelle présumée et de harcèlement, dont l'une datant de 1997. Soutenu par l'Elysée, il assure qu'il ne s'agit que de «rumeurs ignominieuses». Il est notamment apparu ce matin sur RMC, visiblement éploré par ces accusations, dénoncant ces rumeurs qui atteignent toute sa famille : "ma femme et mes enfants étaient en larmes".

Le nouveau magazine Ebdo publie vendredi une enquête affirmant que Nicolas Hulot a été interrogé dans une affaire de moeurs datant de 1997 après la plainte d'une jeune femme finalement classée sans suite. Par ailleurs, d'après le magazine, une ancienne salariée de la Fondation Hulot aurait été victime de harcèlement sexuel de la part de l'ex-présentateur.

Alors que Nicolas Hulot dénonce des «rumeurs ignominieuses», l'Elysée a écarté toute démission du ministre de la Transition écologique en l'absence d'une mise en examen.

• Une agression sexuelle datant de 1997

Une femme, issue d'une «grande famille française» et renommée Marie par l'Ebdo, déclare avoir été abusée par Nicolas Hulot durant l'été 1997. Connu pour son émission «Ushuaïa», l'homme est à l'époque le présentateur d'un nouveau programme télévisé, «Opération Okavango». Il a 42 ans et elle 20. Ils se rencontrent dans la maison d'Hulot: «On aurait pu se rencontrer dans plein d'autres endroits, mais c'est lui qui a insisté pour que cela se passe chez lui», se souvient-elle.

Les détails de cette rencontre ne sont pas précisés. Ses proches assurent que la jeune femme a toujours refusé de parler de viol mais «d'acte sous contrainte». Elle n'a d'abord pas souhaité porter plainte pour éviter à sa famille «le scandale». Onze ans plus tard, elle décide finalement de raconter cette journée de l'été 1997 à une gendarmerie en Bretagne. Passé dix ans les faits sont prescrits, mais la femme déclare avoir «tenu à ce qu'il sache la façon dont [elle] avait vécu les choses.» Nicolas Hulot est entendu par les gendarmes d'Ille-et-Vilaine le 16 août 2008. Pour cause de prescription, le parquet de Saint-Malo classe l'affaire sans suite en novembre de cette même année.

• Des rumeurs de harcèlement sexuel

D'après le magazine, plusieurs sources concordantes évoquent le cas d'une ancienne salariée de la fondation Hulot ayant accusé le numéro 3 du gouvernement de harcèlement sexuel. Âgée de 31 ans, elle aurait déclaré aux policiers en charge du dossier Baupin en mai 2016: «J'ai connu des faits de harcèlement sexuel dans un emploi précédent où l'auteur avait sous-entendu que c'est moi qui avais essayé de le séduire, me culpabilisant.» L'affaire aurait été réglée, selon l'hebdomadaire, par une «transaction».

Dans les rangs de l'Assemblée Nationale, plusieurs députés, dont certains écologistes, soupçonnent alors Nicolas Hulot. L'homme est plébiscité dans les sondages pour la présidentielle, mais renonce finalement à se présenter. «La décision la plus dure qu'il avait eue à prendre de toute sa vie», confie à l'époque l'eurodéputé Pascal Durand. Contactée par la rédaction d'Ebdo, l'ancienne salariée nie depuis un quelconque lien avec le ministre d'État.

• Des déclarations «diffamatoires» selon Hulot

Dès jeudi matin, Nicolas Hulot a démenti sur BFM TV ces «rumeurs ignominieuses»: «Je n'ai évidemment rien à me reprocher. (...) Ça fait mal, quand c'est injuste, quand c'est infondé, car moi hier on a fait pleurer mes enfants.» Il reconnaît le dépôt en 2008 d'une plainte par une jeune femme «majeure», concernant «des allégations remontant à 1997», et classée «sans suite»: «J'ai été auditionné par les gendarmes à ma demande, et les enquêteurs ont très rapidement considéré qu'il n'y avait absolument rien qui permettait de poursuivre cette affaire». Pour le reste, «ces propos sont mensongers et gravement diffamatoires», rétorque-t-il encore au magazine.

«C'est un honnête homme, un homme intègre et courageux» assure l'un de ses proches, Serge Oru, directeur général du WWF. Bérengère Bonte, auteure d'une biographie de Nicolas Hulot affirme, elle, que «c'est simplement un grand séducteur».

Laurent Valdiguié, co-auteur de l'enquête qui met en cause le ministre de la Transition écologique et solidaire, s'est expliqué au micro de RTL France. "On est loin du scandale d'État", commence le journaliste, qui confie que la publication de l'enquête a fait débat au sein de sa rédaction. "On est dans les dessous d'un homme et dans le secret d'une grande famille française enfoui depuis plus de 20 ans, un grand secret qui explique peut-être pourquoi Nicolas Hulot a renoncé plusieurs fois à se lancer dans la course à la présidentielle", poursuit Laurent Valdiguié. 

C'est d'ailleurs cela qui a poussé le journaliste à enquêter sur le ministre, déjà touché par plusieurs polémiques, notamment sur ses 9 voitures à moteur qu'il possède (tout en étant ministre de l'écologie...). "À l'époque, plusieurs de ses proches n'ont pas compris pourquoi il ne se présentait pas. Certains ont expliqué publiquement qu'il ne voulait pas trop s'exposer pour protéger sa famille. Depuis ce moment-là, c'est une question qu'on s'est toujours posée", confie le journaliste, qui se défend de tout "manipulation politique"

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