Voici ce qui va changer pour le lycée et le bac d'ici 2021

par Stanislas Racine 14 Février 2018

Jean-Michel Blanquer, a présenté ce mercredi après-midi la nouvelle version du bac. Il confirme la suppression des filières L, ES et S et instaure un «oral de maturité» en fin de terminale.

Le gouvernement a présenté cet après-midi le visage du nouveau baccalauréat. L’historique examen de fin de première et de terminale se composera dès 2021 de quatre épreuves écrites et d’un grand oral. Cette réforme s’accompagne de changements majeurs au lycée dès la rentrée prochaine, comme la suppression des filières L, ES et S. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a dévoilé les points clés de sa réforme du bac lors d’une conférence de presse. Voici les principaux points à retenir.

Quels changements au lycée?

? La suppression des séries générales

Les séries L, ES et S (littéraire, économique et social, scientifique) sont supprimées. Elles sont remplacées par un tronc commun et trois «spécialités» en première (pour trois fois quatre heures), ramenées à deux en terminale (deux fois six heures). «Il s’agit de mettre fin à la hiérarchie des séries», commente le ministre. Les élèves choisiront parmi huit matières : mathématiques, physique-chimie, sciences et vie de la Terre, histoire-géographie et géopolitique, sciences économiques et sociales, littérature et philosophie, langues et littérature étrangère, arts.

? Une nouvelle discipline, les «humanités numériques et scientifiques»

Quelles que soient les spécialités choisies, les lycéens suivront le tronc commun avec le français, la philosophie, l’histoire-géographie, deux langues vivantes, le sport (16 heures hebdomadaires au total en première et Terminale). Jean-Michel Blanquer souhaite ajouter une nouvelle discipline, humanités numériques et scientifiques, à raison de deux heures par semaine. Cette discipline mettra «l’accent sur la culture scientifique commune de tous les élèves de France» et promouvra le «raisonnement scientifique».

? La «classe de terminale» serait rebaptisée

Le ministre souhaite qu’un «travail sémantique» soit initié pour rebaptiser la «classe de terminale» en «classe de maturité». Néanmoins, ce changement n’a pas été validé officiellement lors de la conférence de presse.

À quoi ressemblera le nouveau bac?

• Un «oral de maturité»

Jean-Michel Blanquer le décrit comme «la grande innovation» de la réforme. Le grand oral, baptisé «oral de maturité», portera sur un projet entamé en classe de première en lien avec les matières principales choisies par l’élève. Il durera entre 20 et 30 minutes. Les candidats au bac technologique conserveront, eux, leur «oral de projet» dans sa forme actuelle.

• Un contrôle final limité à quatre épreuves écrites

Quatre épreuves écrites remplaceront la dizaine actuellement en place. Si le bac français, qui se passe en première, ne devrait pas changer de formule, celles de terminale devraient se passer en deux temps. Les élèves auront d’abord deux écrits au printemps sur les spécialités qu’ils auront choisi. Ils passeront ensuite en juin la philosophie.

? Le contrôle continu comptera pour 40% de la note finale

Ces quatre épreuves écrites et l’oral de maturité compteront pour 60% de la moyenne du bac. Les 40% restants proviendraient de «partiels» semestriels en première et terminale passés simultanément par tous les élèves d’un même établissement sur des sujets tirés d’une banque nationale de sujets. Ces épreuves compteront pour 30%. Enfin, les notes des deux dernières années du lycée représenteront elles 10% de la moyenne. Le partage pourrait aussi se faire à 60/40, sans prise en compte des notes du bulletin. Les épreuves de rattrapage sont maintenues, alors que le ministère privilégiait l’examen des bulletins pour accorder (ou pas) l’examen aux candidats qui l’ont manqué de peu.

• Les options sont maintenues

Les options resteraient elles aussi en place: latin, grec, sport, 3e langue vivante, droit et grands enjeux contemporains, mathématiques expert, pour un niveau plus poussé, et maths complémentaires, pour compléter le cursus d’élèves ne souhaitant pas prendre maths en spécialité mais désireux d’avoir suffisamment de bagage pour tenter médecine ou une faculté d’économie.

L’enjeu est majeur pour cet examen dont la réforme est menée en même temps que celle de l’accès à l’université. Cette réforme, promise par le candidat Emmanuel Macron, concerne les bacs généraux et technologiques (70% des candidats). La filière professionnelle fait l’objet d’une mission distincte dont les conclusions seront rendues vendredi. Jusque-là, une intersyndicale opposée à ces deux chantiers a peu mobilisé dans la rue mais elle appelle à une nouvelle journée d’action mercredi. Et sur les réseaux sociaux, cette décision divise. Il était temps de réformer, et la France s'inspire en grande partie de l'Allemagne. Réussira-t-elle à trouver sa voie ?

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