Roger Federer, la légende qui continue de s'écrire

par Samuel Gnana 31 Janvier 2018

ANALYSE EXCLUSIVE - Samuel Gnana revient sur la fantastique victoire de Roger Federer, en cinq sets, dimanche, et sur la domination du Suisse âgé de 36 ans sur le tennis.

Ce dimanche 28 Janvier, Roger Federer remportait l’Open d’Australie 2018 après un match intense contre le croate Marin Cilic, en trois heures de jeu. A la fin de ces cinq sets très disputés, Federer n’a pu retenir son émotion et a fondu en larmes devant le public chaleureux de la Rod Laver Arena de Melbourne. Cette victoire est d’autant plus belle, pour le vétéran Suisse, qu’elle lui permet par la même occasion de rafler un vingtième tournoi du Grand Chelem, record absolu chez les hommes dans l’ère Open.

Pourtant le 11 Janvier, Roger Federer avait de quoi s’inquiéter sur le papier. Le tirage au sort n’avait pas été clément avec lui mettant dans son passage, potentiellement à partir du troisième tour, Richard Gasquet, Milos Raonic, Juan Martin Del Potro (ou David Goffin) et enfin Novak Djokovic ou Alexander Zverev en demi-finale, avant, peut-être, de retrouver Rafael Nadal en finale.

Heureusement pour lui, ses potentiels adversaires n’étaient pas dans la forme de leurs vies. Milos Raonic s’incline au premier tour, David Goffin, Stan Wawrinka au second, Zverev, Del Potro au troisième et Novak Djokovic et Dominic Thiem en huitièmes. A partir de là, Roger ne s’est pas posé de questions et a enchainé les matchs sans perdre le moindre set pour atteindre la finale. Le plus impressionnant dans tout cela est qu’à 36 ans, Federer, reste dans une forme physique et mentale extraordinaire et ce, même quand il est en danger, comme face à Tomas Berdych en quarts dans le premier set, où il a su montrer une sérénité incroyable pour revenir dans la partie, de 5-3 pour Berdych service à suivre, à un tie break remporté avec une simplicité déconcertante, puis gérer la fin du match d’une main de maître. On sentait dans son niveau qu’il pouvait l’élever à n’importe quel moment, soit pour écraser son adversaire lorsqu’il était au plus faible, soit pour se libérer de situations dangereuses, montrant ainsi son invulnérabilité permanente.

De l’autre côté du tableau Nadal souffre et abandonne face à Marin Cilic. Cette « défaite », a déçu non seulement les fans de Nadal qui voulaient le voir soulever un deuxième trophée à Melbourne, mais a aussi déçu ceux qui voulaient revoir une finale entre les deux hommes ce qui aurait donné peut-être une saveur particulière à ce vingtième titre du Grand Chelem pour le Suisse.

Mais il en reste tout de même que Roger Federer décroche presque 15 ans après son premier sacre à Wimbledon en Juin 2003, un vingtième Grand Chelem et rentre vraiment encore plus dans la légende de son sport marquant quelques peu la distance, depuis ce retour de 2017, qui le sépare des autres grands noms du Tennis actuel (Nadal, Djokovic, Murray) grâce à ses trois titres glanés en 12 mois.

Même s’il n’a pas survolé l’année 2017, d’une part par choix de planning et donc ayant manqué la saison sur terre battue avec Roland Garros, et de l’autre à cause de ses trois défaites majeures en finale du Master de Montréal (face à Alexander Zverev), en quart de l’US Open (contre Juan Martin Del Potro) et en demi-finale de Masters (face à David Goffin), Federer laisse une impression d’hégémonie sur le Tennis et cela grâce aussi à une domination totale sur Rafael Nadal dans leurs confrontations directes avec quatre victoire en autant de rencontres pour le Suisse, Nadal qui a partagé cette hégémonie avec Federer en 2017 avec les autres Grand Chelems remportés mais n’a jamais donc pu s’en sortir vainqueur d’aucun duel contre son ennemi de toujours.

Même avec tout cela, Federer n’en semble pas moins résigné à gagner encore plus et a déjà en ligne de mire ses prochains objectifs, pour certains atteignables, pour d’autres, pour lesquels cela dépendra de sa forme et de la forme des autres joueurs du circuit. Premier objectif presque acquis, la place de numéro 1 mondial. En effet, même si Nadal est à la tête du classement à l’heure actuelle, il reste néanmoins en sursis, à cause de sa blessure qui pourrait le garder éloigné des courts pour une durée suffisante, pour ne pas pouvoir défendre ses points acquis au mois de Février 2017 à Acapulco, alors que Federer n’a pris aucun point sur la même période. Pour le reste, Federer devra composer avec les formes et méformes des Djokovic, Zverev, Thiem, Wawrinka et autres, et le retour annoncé de Andy Murray pour la saison sur Gazon.

Mais une chose est sûre, Roger Federer n’est pas près de quitter les courts de sitôt et les émotions qu’il ne cesse de vivre depuis douze mois lui ont sûrement montré qu’il avait encore des pages de l’Histoire du tennis à écrire.

 

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