Trump annonce sanctions « les plus importantes » jamais imposées à Pyongyang

par Stanislas Racine 23 Février 2018

Les Etats-Unis veulent « continuer à couper les sources de revenus et de pétrole » de la Corée du Nord. Un allongement de la liste de noire de personnalités et entités nord-coréennes est annoncé. Mais les détails sont encore attendus.

Curieuse concordance des temps à la manière Trump... Quelques heures seulement après l'arrivée à Séoul de sa fille et conseillère, Ivanka Trump, qui doit assister dimanche à la cérémonie de clôture des jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang, Donald Trump a annoncé vendredi « le plus vaste ensemble de nouvelles sanctions jamais adoptées contre le régime nord-coréen ». Il est vrai que si une délégation officielle nord-coréenne de huit membres, emmenée par le général Kim Yong Chol (accusé d'être responsable du naufrage d'un navire sud-coréen qui avait coûté la vie à 46 marins en 2010), participera à la cérémonie de clôture des JO dimanche à Séoul, la Maison-Blanche avait fait savoir qu'aucune rencontre entre émissaires américains et nord-coréens n'était prévue.

Les « efforts » de rapprochement faits tant par la Corée du Nord que  par la Corée du Sud dans le cadre des JO de Pyeongchang n'y ont rien fait. Le président américain, qui est confronté à l'activisme du leader nord-coréen Kim Jong-un en matière de terreur nucléaire, veut « continuer à couper les sources de revenus et de pétrole que le régime utilise pour financer son programme nucléaire et son armée ».

Le département du Trésor lui a emboité le pas en commençant vendredi à détailler les représailles américaines face à la poursuite par Pyongyang de ses programmes nucléaire et balistique. Il a annoncé ajouter plusieurs entités nord-coréennes à la liste des sanctions existantes contre la Corée du Nord : au total une personne, 27 sociétés et 28 navires figurent désormais sur la liste noire américaine, ce qui est censé affaiblir les échanges commerciaux nord-coréens et isoler un peu plus Pyongyang. Les mesures américaines vont par ailleurs prendre pour cibles plus de 50 « navires, compagnies maritimes et entreprises commerciales qui aident la Corée du Nord à échapper aux sanctions ».

Donald Trump doit encore évoquer plus tard dans la journée ces nouvelles sanctions lors d'une intervention devant la Conservative Political Action Conference (CPAC), grand-messe annuelle de la droite américaine.

Sanctions des Nations unies

En 2017, le Conseil de sécurité a imposé à l'unanimité trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord, toutes plus fortes les unes que les autres : le 5 août (fer, charbon, pêche...), le 11 septembre (textile, limitation de livraisons de pétrole) et le 22 décembre (produits pétroliers raffinés notamment).

L'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley, a déclaré jeudi lors d'un discours à l'université de Chicago que les sanctions prises contre la Corée du Nord ont un impact puisque cette dernière dispose désormais de moins d'argent pour financer ses essais balistiques. « C'est cette raison, plus que toute autre, qui a poussé le régime de Kim (Jong-un) à renouer le contact avec la Corée du Sud et à faire une opération de communication aux Jeux olympiques », a estimé Nikki Haley. Mais il existe à l'évidence des « trous » dans ce système qui permettent à Pyongyang d'échapper aux sanctions...

Le vice-président Mike Pence avait annoncé lors de sa visite à Tokyo il y a deux semaines, avant de se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, que des sanctions plus fortes seraient bientôt prises contre la Corée du Nord, « régime le plus tyrannique et le plus oppressif au monde ».

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