Vif échange entre Bruxelles et Trump sur la politique commerciale de l'UE

par Stanislas Racine 30 Janvier 2018

Le président américain estime que les échanges commerciaux transatlantiques souffrent d'un grave déséquilibre. «La politique commerciale (...) ce n'est pas un jeu avec des gagnants et des perdants», lui répond la Commission européenne.

Dans un entretien à la chaîne de télévision britannique ITV diffusé dimanche soir, Donald Trump s'en est pris à l'Union européenne, estimant que Bruxelles traitait les États-Unis de manière «très injuste» dans leurs relations commerciales, et l'a menacée à demi-mot de représailles.

«J'ai beaucoup de problèmes avec l'Union européenne»

«J'ai beaucoup de problèmes avec l'Union européenne et cela pourrait se transformer en quelque chose de très gros de ce point de vue, du point de vue du commerce», déclare le président américain. «Nous ne pouvons faire entrer nos produits. C'est très, très dur. Et pourtant, elle envoie ses produits chez nous: pas de taxes, très peu de taxes. C'est très injuste», ajoute-t-il. «Elle n'est pas la seule, d'ailleurs. Je pourrais nommer beaucoup de pays et d'endroits qui le font. Mais l'Union européenne est très, très injuste envers les États-Unis. Et à mon avis, cela va vraiment se retourner contre elle.»

L'Union européenne «est prête à réagir rapidement et de façon appropriée au cas où ses exportations seraient affectées par des mesures restrictives de la part des États-Unis», a prévenu lundi la Commission européenne. «La politique commerciale (...) ce n'est pas un jeu avec des gagnants et des perdants. Nous, ici, dans l'UE, nous croyons que le commerce peut et doit être bénéfique à tous», a déclaré le porte-parole de l'exécutif européen, Margaritis Schinas. «Nous pensons aussi que le commerce doit être ouvert et juste et basé sur des règles», a-t-il ajouté.

Donald Trump, un président protectionniste

Élu sur un programme aux accents protectionnistes («America First»), se targuant de vouloir protéger les travailleurs et entreprises américains, Donald Trump a régulièrement accusé des pays étrangers de pratiques commerciales déloyales, dont la Chine, principal partenaire commercial des États-Unis. L'administration américaine a ainsi instauré la semaine dernière des «droits de sauvegarde» sur des panneaux solaires importés de Chine, mais aussi sur les grandes machines à laver fabriquées en Chine, en Corée du Sud, au Mexique, en Thaïlande et au Vietnam. En Europe, le président américain a croisé le fer avec l'Allemagne, dont il juge l'excédent commercial avec les États-Unis excessif. Il a notamment menacé d'instaurer des taxes douanières en représailles pour réduire le déséquilibre.

Interrogé sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, Donald Trump a dit qu'il se serait montré «plus ferme» que la Première ministre britannique dans les négociations avec Bruxelles. «Non, je ne le négocierais pas comme c'est négocié», a répondu Donald Trump à la question de savoir si Theresa May était «bien positionnée» dans les négociations sur le Brexit. «J'aurais dit que l'Union européenne n'est pas aussi bien que ce qu'elle est censée être», a-t-il ajouté. «J'aurais adopté une position plus ferme sur le retrait» de l'Union européenne. En janvier 2017, le milliardaire républicain avait estimé que le Royaume-Uni avait eu «bien raison» de quitter une UE selon lui dominée par l'Allemagne, prédisant que le Brexit serait un «succès» et que le bloc européen continuerait à se fragmenter.

 

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