Facebook accusé de partager les données personnelles de ses utilisateurs avec des fabricants de mobiles

Facebook accusé de partager les données personnelles de ses utilisateurs avec des fabricants de mobiles

Facebook fait-il face à un nouveau scandale mondial éthique ? Le réseau social est accusé de partager des données personnelles de ses utilisateurs avec au moins 60 fabricants de smartphones et d'appareils électroniques. Sont concernés des très grands noms du milieu comme Apple, Amazon, BlackBerry, Microsoft ou Samsung, d'après une longue enquête publiée dimanche par le New York Times. Le journal américain affirme que des partenariats ont permis à ces entreprises de récupérer des informations personnelles sur des utilisateurs de Facebook, ainsi que leurs amis, sans qu'ils ne le sachent.

Pour illustrer le problème, le New York Times cite le cas de l'un de ses journalistes, propriétaire d'un smartphone de la marque BlackBerry. Après s'être connecté à Facebook, ses données, ainsi que celle de ses 556 amis, ont transité par une application appelée «BlackBerry Hub». Cette dernière fait office de centre commun de notifications pour les différents services installés sur le téléphone. Ces informations étaient parfois très personnelles, comme le statut marital (si renseigné sur Facebook), les opinions politiques ou les évènements auquel un utilisateur a déjà participé. D'autres données, portant cette fois-ci sur les amis d'amis du journaliste, ont également été récoltées par ce biais. Tous les partenaires de Facebook ont potentiellement eu accès à ce genre d'informations, et ont pu les stocker sur leurs propres serveurs, pour des utilisations diverses. Et tous les utilisateurs du réseau social sont concernés, même ceux ayant indiqué dans leurs paramètres qu'ils ne souhaitaient pas partager leurs informations avec des applications tierces.

Des partenariats anciens

L'étendue de ces partenariats est incertaine. Contacté par le New York Times, Apple a assuré que les iPhones n'avaient plus accès à ces données depuis septembre 2017. L'accord permettait au fabricant de proposer des fonctionnalités telles la publication de photo sur les réseaux sociaux sans avoir à ouvrir l'application de Facebook ou d'Instagram. Microsoft a confirmé l'existence d'un tel partenariat, mais a précisé que les données étaient stockées localement sur ses appareils, et non pas sur ses serveurs. Samsung et Amazon ont refusé de répondre aux questions du New York Times.

Ces partenariats ont été signés par Facebook avant que ses applications ne se popularisent sur les smartphones. Il s'agissait au départ de permettre à des constructeurs de smartphone de proposer des services liés au réseau social, comme l'accès à sa messagerie ou des boutons «j'aime». D'après le New York Times, ces partenariats, et leur étendue, auraient provoqué des débats et des critiques au sein même de Facebook.

Facebook a minimisé ces révélations, assurant que ces partenariats étaient nécessaires, afin de faciliter l'utilisation de ses applications mobile. Le réseau social affirme également que cette affaire n'a rien à voir scandale Cambridge Analytica. Dans ce cadre, Facebook été accusé d'avoir laissé un large accès aux données de ses utilisateurs à des applications, sans que les internautes n‘aient donné leur accord explicite pour une telle exploitation de leurs informations. «Ces partenariats [avec les constructeurs de smartphones] fonctionnent différemment», assure Ime Archibong, vice-président de Facebook, au New York Times. D'après lui, les constructeurs sont autorisés à accéder aux informations des utilisateurs sous la surveillance stricte du réseau social. Contrairement aux abus de certaines applications tierces, que Facebook ne contrôle pas de manière régulière.

Depuis la publication de l'enquête, Facebook a réagi plus longuement via un article sur son site. «Nos partenaires ne peuvent pas proposer ce genre de services sans l'autorisation des utilisateurs. Et nous avons approuvé chacune des expériences proposées», plaide le réseau social. «Contrairement aux affirmations du New York Times, les données de nos utilisateurs ne sont accessibles [aux fabricants de smartphones] que lorsque ces personnes ont approuvé ce genre de partage.» Néanmoins, lorsqu'un utilisateur accepte que le réseau social accède à ses données, il ignore généralement que ces dernières seront aussi exploitées par d'autres entreprises, comme ces fabricants partenaires de Facebook.