Le Soudan annule ses accords de défense avec la Corée du Nord

 Le Soudan annule ses accords de défense avec la Corée du Nord

Le Soudan a annoncé mercredi avoir annulé tous ses accords de défense avec la Corée du Nord, reconnaissant pour la première fois avoir établi de tels liens avec le régime de Pyongyang. Khartoum a également annoncé la création d’un comité pour la mise en oeuvre des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre la Corée du Nord, selon le ministère des Affaires étrangères.

« Les fabricants dans l’industrie de la défense ont annulé tous les contrats conclus avec la Corée du Nord et mis fin à leurs relations directes ou à travers une tierce partie » avec ce pays, a dit le ministère. « Le Soudan a également mis en place un comité qui doit préparer un rapport sur la façon d’appliquer les sanctions internationales imposées par les Nations unies à la Corée du Nord », a-t-il ajouté. Washington a intensifié la pression sur le Soudan pour qu’il rompe tous ses liens avec Pyongyang même si le pays africain n’entretient pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord. L’annonce de mercredi est toutefois une reconnaissance par Khartoum de ses accords en matière de défense conclus avec le régime de Kim Jong Un. Washington a levé en octobre son embargo commercial imposé au Soudan et vieux de plusieurs décennies, mais a maintenu le pays sur sa liste des « Etats soutenant le terrorisme », qui inclut notamment la Corée du Nord, la Syrie et l’Iran. Selon les responsables soudanais, cela empêche le commerce entre banques internationales et soudanaises et freine la reprise économique du pays, confronté à une inflation persistante, une dette élevée et la perte de revenus pétroliers. Début mai, un haut responsable américain avait indiqué, sous le couvert de l’anonymat, que le Soudan devait « mettre fin à tout lien commercial » avec la Corée du Nord avant que des pourparlers puissent commencer pour retirer Khartoum de la liste noire américaine du « terrorisme ». En 1997, Washington avait imposé des sanctions au Soudan, accusé de soutenir des groupes militants islamistes. Le fondateur d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, a vécu au Soudan entre 1992 et 1996. Après des décennies de relations diplomatiques tendues, les relations entre Washington et Khartoum se sont améliorées sous la présidence de Barack Obama, puis avec la levée des sanctions par Donald Trump, l’année dernière. M. Trump a confirmé vendredi la tenue de son sommet historique avec Kim Jong Un le 12 juin à Singapour après avoir reçu à la Maison Blanche son bras droit, porteur d’une lettre personnelle du dirigeant nord-coréen.

Pendant ce temps, au Soudan du Sud...

La crise humanitaire au Soudan du Sud en guerre est en train de s’aggraver dans des proportions alarmantes, a mis en garde jeudi à Nairobi le secrétaire général de l’ONG Norwegian Refugee Council (NRC) Jan Egeland.

« Au Soudan du Sud, je n’ai jamais vu, entendu parlé ou été le témoin d’autant d’habitants nécessitant une aide alimentaire dans autant de régions du pays », a déclaré M. Egeland lors d’une conférence de presse à Nairobi.

« Ce qui est différent cette année, c’est que l’insécurité alimentaire s’est étendue à de nouvelles régions du pays », notamment des provinces du sud comme celle de Central Equatoria, a précisé M. Egeland, de retour d’une visite de terrain de trois jours au Soudan du Sud. Et le secrétaire général de NRC d’insister sur les difficultés croissantes des organisations humanitaires à remplir leur mission au Soudan du Sud. Il a mis en avant le manque de financements des programmes par des bailleurs de fonds sollicités par d’autres crises dans le monde et l’insécurité des travailleurs humanitaires dans le pays.

Depuis décembre 2013 et le début de l’actuelle guerre civile, 101 travailleurs humanitaires ont été tués au Soudan du Sud, a rappelé M. Egeland.

En 2018, 7 millions de Sud-Soudanais vont avoir besoin d’une aide humanitaire en raison des effets conjugués de la guerre et de la crise économique, selon l’ONU.

Deux ans après sa partition avec le Soudan, le Soudan du Sud s’est enfoncé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts, près de quatre millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire catastrophique. Depuis, de nombreux cessez-le-feu ont été signés, sans jamais être respectés. Le Soudan a offert mardi ses bons offices aux deux principaux acteurs du conflit, le président Salva Kiir et son ex-vice président Riek Machar.​